L'anxiété n'a pas d'âge, et elle se transmet
Vingt ans ou cinquante, la même boule au ventre

Depuis la rentrée, je passe mes journées entre deux mondes. Le matin, une classe de BTS. Le soir, des dirigeants et des entrepreneurs.
Je pensais changer de sujet en changeant de salle. Je me trompais. D'un côté comme de l'autre, j'entends la même chose. Pas avec les mêmes mots, mais avec la même boule au ventre.
Mes élèves doivent trouver un stage obligatoire pour valider une unité de leur diplôme. Ils envoient des candidatures, relancent, attendent. Le silence. Parfois un refus. Ils ont l'impression de faire leur maximum, et les résultats ne suivent pas.
Même chose pour les révisions. Des heures passées sur les cours, et une note qui ne bouge pas.
Remplacez «stage » par « client », et vous avez la prospection d'un dirigeant. Les mêmes relances sans réponse. Le même doute qui s'installe : « Je fais tout ce qu'il faut, alors pourquoi ça ne marche pas ? »
L'anxiété n'a ni âge ni grade. À vingt ans comme à cinquante,c'est le même cerveau qui s'inquiète.
Tout faire bien, tout de suite, et avoir une vie
Il y a une deuxième anxiété, plus discrète, que je retrouve des deux côtés.
Mes élèves veulent une vie personnelle riche. C'est sain. Et en même temps, ils doivent répondre en temps et en heure aux sollicitations de leur employeur, de leur tuteur, de leurs professeurs. Les miennes comprises, je l'avoue.
Le dirigeant vit exactement la même tension. Le client qui écrit à 21 heures. Le banquier qui attend un document. Le salarié qui a besoin d'une réponse. Et, quelque part, une famille, des amis, une vie qui attend son tour.
Vouloir les deux n'est pas un caprice. C'est humain. L'anxiété naît quand on croit devoir tout satisfaire, tout de suite, sans jamais rien laisser attendre.
L'anxiété naît rarement d'un manque d'effort. Elle naît d'un trop-plein d'attentes.
Votre anxiété, c'est votre alternant qui la porte
Et puis il y a ce que j'observe chez mes alternants. Ils ne font pas complètement partie de l'équipe. Ils sont là deux semaines par mois. Et pourtant, c'est souvent à eux que le dirigeant et l'équipe transmettent toute leur inquiétude sur l'avenir de l'entreprise.
Ils arrivent en cours avec des soucis qui ne sont pas les leurs. La trésorerie tendue, le gros client qui hésite, l'ambiance qui se crispe. Ils n'ont aucun levier pour agir, mais ils en portent le poids.
Si vous dirigez une équipe, retenez ceci : votre anxiété ne reste pas dans votre bureau. Elle descend l'escalier. Elle passe par vos managers, vos salariés, jusqu'au plus jeune d'entre eux. Et elle revient vers vous sous forme de démotivation, d'erreurs, de départs.
Si vous êtes seul, elle se transmet aussi. À vos prospects, qui la sentent dans votre voix. À vos proches, qui la récupèrent le soir.
Votre anxiété ne reste jamais dans votre bureau. Elle descend l'escalier.
Ce que l'anxiété vous coûte vraiment
Alexandre Dana, fondateur de Live Mentor, consacre un chapitre entier de son livre Entreprendre et (surtout) être heureux à ce qu'il appelle l'anxiété récurrente. Il en décrit les effets avec une franchise rare pour un dirigeant. En voici l'essentiel, dans mes mots.
Elle tourne en rond. L'anxiété fatigue, abîme le sommeil, vide l'énergie. Le développement ralentit, ce qui nourrit encore l'anxiété.
Elle prépare l'échec. À force d'imaginer le pire, on agit comme s'il était déjà arrivé, et on finit par le provoquer.
Elle freine les ventes. Un client sent très vite quand on lui vend par nécessité plutôt que par conviction. Et personne n'aime acheter à quelqu'un qui a peur de vendre.
Elle abîme l'équipe. L'auteur raconte qu'il croyait bien faire en partageant toute son angoisse avec ses équipes, au nom de la transparence. Avant de réaliser qu'il la leur transmettait en permanence. Comment fédérer une équipe à qui l'on passe ses peurs ?
Enfin, elle use la santé, sur le long terme : sommeil, digestion, cœur, mémoire.
L'anxiété n'est pas qu'un ressenti. C'est une ligne de dépense.
L'anxiété est un signal, pas une sentence
Ce que je ne vais pas vous dire, c'est « ne soyez pas anxieux ». Ce serait aussi utile que de dire à un élève sans stage « détends-toi ».
L'anxiété est normale. Elle est humaine. Elle dit quelque chose : un manque de visibilité, une attente impossible à tenir, une décision qu'on repousse. La valider, c'est la première étape pour s'en défaire. Un biais qu'on nie continue de piloter.
« Je ne vais jamais y arriver » n'est qu'une pensée. Une pensée répétée assez souvent pour ressembler à une prédiction. À côté d'elle, il en existe mille autres. Et c'est là que le travail commence.
Le livre d'Alexandre Dana propose deux familles de solutions, que je partage. À l'intérieur : se projeter précisément dans un futur où l'on n'est plus anxieux, pour savoir vers quoi l'on va. Au quotidien : anticiper, en particulier sur l'argent. Son anxiété a fortement baissé le jour où ses flux financiers sont devenus prévisibles. Il insiste aussi sur un point : il n'existe pas de méthode universelle. Il cite lui-même la PNL et l'hypnose parmi les approches à explorer.
Ne pas être anxieux n'est pas un objectif. Repérer à temps ce que l'anxiété annonce, si.
Faire son maximum ne suffit pas
Revenons à mes élèves. Celui qui révise des heures sans progresser et le dirigeant qui prospecte sans signer ont un point commun. Ils font leur maximum. Et ils en concluent que le problème, c'est eux.
Le problème est ailleurs. Faire son maximum en prospection client, comme en révision scolaire, dépend de deux choses que la bonne volonté ne remplace pas.
D'abord, une méthodologie technique. Des démarches apprises, pas improvisées. Relire ses cours en boucle rassure plus qu'il n'apprend. Envoyer cent messages sans méthode épuise plus qu'il ne prospecte.
Ensuite, et surtout, des objectifs spécifiques et des étapes qu'on se fixe. « Avoir mon BTS» n'est pas un objectif de travail. « Maîtriser ce chapitre d'ici vendredi » en est un. « Trouver des clients » non plus. « Obtenir trois rendez-vous qualifiés ce mois-ci, en relançant vingt contacts par semaine » en est un.
C'est là que l'anxiété baisse. Pas quand on vous dit de vous détendre. Quand l'effort devient un chemin visible, avec des étapes qu'on peut cocher. Le cerveau anxieux déteste le flou ; il se calme quand il sait où il en est. Alexandre Dana le dit à sa façon avec ses tableaux de suivi visuels : rendre visible ce qui est à faire, en cours et terminé, c'est déjà dédramatiser.
C'est l'une des clefs de mon accompagnement. Pédagogue de métier, je structure avec vous la méthode, l'objectif et les étapes. Puis on travaille le cerveau qui doit les suivre.
Vous ne manquez pas d'effort. Vous manquez d'un chemin.
Ce que nous travaillons ensemble
Mon métier, c'est de repérer le point de rupture avant la rupture. L'anxiété est souvent son premier signal.
D'abord, on valide. Ce que vous ressentez n'est ni une faiblesse ni le signe que vous n'êtes pas fait pour diriger. C'est humain, et ça se travaille.
Ensuite, on localise la source. Chez l'auteur, c'était l'argent. Chez vous, ce peut être la prospection, une équipe, une associée, un client dont tout dépend. Tant que la source est floue, l'anxiété se répand partout.
Puis on agit sur deux plans. Le concret : une méthode, des objectifs précis, des étapes mesurables ; ce que vous anticipez, ce que vous rendez visible, ce que vous cessez de garder en tête. L'intérieur : la façon dont votre cerveau réagit à l'incertitude, avec des outils comme l'hypnose Ericksonienne ou la PNL quand c'est utile.
Enfin, on mesure : votre sommeil, vos décisions repoussées, ce que votre équipe vous renvoie.
Ce que je sais aujourd'hui, je ne l'ai pas appris seulement dans les livres. Je l'apprends aussi chaque matin, devant trente élèves qui cherchent leur stage.
Je ne prends pas votre force. Je vous la rends.
Et vous, qui porte votre anxiété ?
Vous, seul, le soir ? Votre équipe, sans le dire ? Votre alternant, qui n'a rien demandé ?
Mes élèves trouveront leur stage. Je les y emmènerai. Et vous trouverez, vous aussi, comment cesser de faire porter votre anxiété à ceux qui vous entourent.
Chaque semaine, je partage ici et sur LinkedIn ce que le terrain m'apprend, entre salle de classe et cabinet.
Pour me contacter c'est simple : +33757477831
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